Le jeûne d'Esther (ou Ta'anit Esther) est un jour de jeûne observé dans le judaïsme de l'aube au crépuscule du 13 Adar, à la veille de la fête de Pourim, en commémoration du jeûne de trois jours observé par les Juifs de Suse lors des faits relatés dans le Livre d'Esther: Esther, pressée par son oncle Mardochée, doit intercéder auprès du roi Assuérus en faveur de son peuple, que le ministre Haman projette d'exterminer. Or, Esther craint pour sa vie en allant déranger le roi Assuérus sans qu'il ne l'ait convoquée. Elle demande donc au peuple juif tout entier de jeûner pour elle 3 jours et 3 nuits. Finalement, Dieu aidant le roi, subjugué par la beauté de la reine, lui tend son sceptre royal, et celle-ci sera à même de révéler au roi les projets de Haman, qui finira pendu sur la potence même qu'il avait préparée à Mardochée. Ce jeûne s'est perpétué jusqu'à nos jours, ainsi qu'il est écrit (Esther 9): "Et ils acceptèrent sur eux et sur leurs enfants d'assumer leurs jeûnes et leurs pleurs". Ce jeûne n'étant cependant pas l'un des quatre prescrits par les prophètes, les autorités sont moins strictes et dispensent du jeûne les femmes enceintes, les mères au foyer, toute personne trop malade ou affaiblie pour supporter ce jeûne. Si le 13 Adar tombe un Chabbat, on jeûne le jeudi précédant celui-ci.
Pourim (en hébreu:פורים) est une fête juive qui commémore la délivrance des Juifs de l'empire perse du plan d'extermination décrété par Haman, le ministre du roi Assuérus, selon le récit biblique du livre d'Esther
D'après ce livre, la fête de Pourim a été instituée fête nationale juive par les protagonistes du livre, Mardochée et Esther. Pourim est célébré chaque année durant le mois hébreu d'Adar (février/mars, voir ci-dessous).
La fête de Pourim est classée, tout comme Hanoucca, parmi les fêtes moins importantes que celles qui sont prévues dans la Torah. Toutefois, Pourim a de tout temps été populaire dans la communauté juive certains ont soutenu que, même après la venue du Messie, le Livre d'Esther sera encore rappelé et que la fête de Pourim continuera à être observée (Talmud Yerushalmi, ä de mégohm i.; Maïmonide, « Yad, » Megillah).
Les événements commémorés par la fête de Pourim se situent au temps du roi de Perse Assuérus (le plus souvent identifié à Xerxès), dans la capitale Suse. Esther, une jeune femme qui cache ses origines juives comme le lui a conseillé son oncle Mardochée (Mordekhaï), est choisie comme nouvelle reine par Assuérus.
Dans un monde où Dieu semble être absent (le Livre d'Esther et le Cantique des cantiques sont les seuls livres de la Bible où le nom de Dieu n'est pas mentionné), les Judéens sont alors menacés d'extermination. En effet, Haman, descendant d'Amalek( descendant d'Esaü), ministre du roi, a persuadé celui-ci de faire publier un décret contre ce peuple pour se venger de Mardochée, le Juif qui refuse de se prosterner devant lui.
Mardochée, qui avait autrefois dénoncé un complot préparé par des « gardiens du seuil » pour tuer le roi, a connaissance de ce sombre projet. Il prévient Esther. Celle-ci demande à tout le peuple juif et à ses servantes de jeûner pendant 3 jours et de prier pour elle, tandis que Mardochée parcourt la ville couvert de cendres, en signe de deuil, pour rassembler le peuple juif.
Esther va donc au devant du roi, au péril de sa vie, et finit par dévoiler son identité juive et le complot qui vise sa communauté. Elle démasque le tyran. Le roi autorise les Juifs à se défendre contre les attaques décrétées par le ministre. Haman est pendu à la potence qu'il avait préparée pour Mardochée. Mardochée est nommé premier ministre. Le sort s'est retourné contre les auteurs du funeste dessein d'extermination des Juifs.
La célébration de la fête par les Juifs a lieu tous les ans, à la date du calendrier hébraïque du 14 et éventuellement du 15 Adar (ce qui tombe en février ou mars selon les années), selon que la ville était ou non fortifiée au temps de cette histoire.
Les Juifs furent déportés en Babylonie, où ils restèrent jusqu’au renversement de l’empire par les Perses.
Le roi Cyrus permit aux juifs, de retourner dans le pays d’Israël et de rebâtir un second Temple qui sera achevé en 516, avant notre ère.
Les juifs s’étaient donc installés en Perse, vivant en bonne entente avec la population environnante jusqu’au moment où apparut Haman descendant d’Amalek, favori du roi Assuérus ; il avait obtenu la permission d’exterminer tous les juifs parce que Mardochée ne s’était pas prosterné devant lui. Grâce à l’intervention ention d’Esther ( parente de Mardochée) auprès d’Assuérus dont elle était devenue la reine.
Haman fut pendu et on nomma Mardochée à sa place. Les juifs furent ainsi miraculeusement sauvés et Mardochée institua, pour toutes les générations un jour de fête et de joie qui prit le nom de Pourim (les sorts), afin de rappeler qu’Haman tira au sort la date d’extermination du peuple juif.
Plusieurs commandements s'appliquent aux Juifs lors de la fête de Pourim:
Un jeûne est prescrit la veille de Pourim, en souvenir des 3 jours de jeûne qu'avaient observé Esther, ses suivantes et le peuple juif. Le jeûne est limité aujourd'hui à une seule journée.
La lecture du livre d'Esther (appelé aussi "Meguilath Esther") dans la synagogue est prescrite. Tous les hommes de plus de 13 ans et les femmes de plus de 12 ans ont l'obligation de faire une écoute intégrale du récit.
La loi juive permet la lecture de la Meguilah dans n'importe quelle langue intelligible par l'assistance. Les femmes ont également l'obligation d'écouter la lecture de la Meguilah parce que ce fut par l'intermédiaire d'une femme, la reine Esther, que la délivrance miraculeuse des Juifs a été accomplie.
Le Talmud (traité Meguilah) confie la lecture de la Meguilah aux « hommes du grand synode », dont il est dit que Mardochée a été membre.
À l'origine, cette règle n'était prescrite que pour le 14 Adar. Plus tard, cependant, R. Joshua ben Levi (cent 3d.) prescrivit une seconde lecture de la Meguilah, la veille de Pourim. Au temps de la Michna, la récitation d'une bénédiction avant la lecture de la Meguilah n'était pas encore une prescription établie. Le Talmud (postérieur à la Michna) a prescrit la récitation de trois bénédictions avant la lecture et d'une bénédiction après. Le Talmud a ajouté d'autres dispositions. Par exemple, le lecteur doit prononcer les noms des dix fils d'Haman(Esth. IX 7-10) en un souffle, pour indiquer leur mort simultanée. L'assemblée doit réciter à haute voix, avec le lecteur, les versets II. 5, VIII. 15-16, et X. 3, qui racontent l'origine de Mardochée et son élévation.
La psalmodie de la Meguilah est différente de celle de la lecture usuelle de la Torah. Quelques versets, cependant, ne sont pas chantés, mais lus comme une lettre, en raison du statut de « ‘iggeret » (épître) qui est appliqué (Esth. ix 26, 29) au livre d'Esther. Il est d'usage depuis l'époque des Gueonim (ère médiévale) de dérouler entièrement le texte de la Meguilah avant sa lecture, afin de lui donner l'aspect d'une épître.
La Mishna (traité 30b) recommande d'autre part de lire, le chabbat précédant la fête, le passage de l'Exode (Ex. XVII. 8-16) qui relate comment Amalek, l'ancêtre de Haman, est venu attaquer les Juifs à leur sortie d'Égypte a Rephidim qui signifie repos.
La coutume du déguisement pendant Pourim est apparue en Italie vers la fin du 15e siècle sous l'influence du carnaval romain. Elle a été instaurée car, dans le miracle de Pourim, Dieu n'agit pas directement. Tout est fait de façon invraisemblable et cachée. Cette coutume s'est ensuite répandue dans tous les pays où les Juifs ont vécu, excepté peut-être en Orient.
Le premier parmi les auteurs juifs à mentionner cette coutume est Judah Minz (d. 1508 à Venise) dans son Responsa, numéro 17, cité par Mosheh Isserles dans son livre « Orah Hayyim », 696:8. Il y exprime l'opinion que, puisque le but du déguisement permet d'être joyeux, il ne devrait pas être considéré comme une transgression de la loi biblique. Cette opinion plus souple a prévalu sur d'autres qui tendaient à la restreindre. La coutume est encore pratiquée aujourd'hui parmi les Juifs pratiquants de toutes les origines et parmi les pratiquants et les non-pratiquants israéliens. En Israël, il y a des défilés de Pourim.
« Pendant Pourim tout est permis », même certaines transgressions d'une loi biblique, telle que l'interdition (Deut. XXII. 5) pour un homme de porter des vêtements de femme et vice versa. Il est de tradition de chanter sur des airs inhabituels les prières, toujours de manière délibérément pleine d'humour.